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Grand Sacre / Page 2

La Commanderie de Villedieu-les-Poêles

Plus ancienne commanderie hospitalière de France, Villa Dei de Saltu Capreoli (Villedieu de Saultchevreuil) est fondée au début du XIIe siècle par les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. La situation stratégique de la ville, à peu de distance du Mont Saint-Michel, de Granville et d’Avranches, en fait un lieu de passage ancien. Henri Ier Beauclerc, duc de Normandie et roi d’Angleterre, fait don de quatorze acres de terre (le futur Villedieu) aux Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, en remerciement des immenses services rendus en Terre Sainte. À cette époque, les Normands sont puissants : outre le royaume d’Angleterre et le duché de Normandie, ils sont très présents en Méditerranée (royaume de Sicile et sud de l’Italie). Il n’est donc pas étonnant de les voir figurer en nombre parmi les premiers Croisés.

« Ville Dieu », petit territoire lové dans une boucle de la Sienne, se développe rapidement après l’octroi de droits exceptionnels aux chevaliers hospitaliers et aux divers artisans. Ils fondent tour à tour leur « hôpital », c’est-à-dire le manoir seigneurial auquel s’ajoutent l’église, la chapelle Saint-Blaise, le moulin banal et les fours banaux. Le bief du moulin a ainsi été creusé dès la fin du XIIe siècle, donnant naissance à l’île Bilheust. Le type de plan adopté se résume à deux voies principales et la constitution entre ces voies d’îlots urbanisés « en lanières ». L'artisanat du cuivre et du laiton sera très certainement "importé" par les fondateurs de Villedieu : en effet, en Normandie, ni mines ni préexistence d'un tel artisanat ne peuvent expliquer son développement. C'est donc un choix délibéré des seigneurs de cette commanderie. Protegeant farouchement les savoir-faire, les corporations de poesliers puis de chaudronniers vont donne à cette fabrication une réputation très importante. Ainsi le cuivre de Villedieu va s'exporter à travers tout l'Ouest de la France, et son histoire débute dès le XIIe s. Au moment de la guerre de Cent Ans, qui fait des ravages en Normandie, trois portes ferment Villedieu : celles du Pont-de-Pierres, du Pont-Chignon et du Bourg d’Envie.

Par le passé, le Grand Maître de l’Ordre attribuait les commanderies à des frères à qui l’âge ou la santé ne permettait plus de se livrer aux exercices de la guerre, ou à ceux qui s’étaient signalés par d’importants services rendus à l’Ordre. Véritablement indépendant, le seigneur commandeur de Villedieu est à la fois seigneur spirituel et temporel de son territoire. Il perçoit des taxes et impôts spécifiques à la commanderie et dispose d’une administration propre, composée d’un garde des sceaux, d’un bailli, d’un lieutenant de ville et d’un official, charge occupée à Villedieu par un prêtre nommé par le commandeur (et qui ne dépend pas du diocèse local). Cette situation très particulière sera régulièrement confirmée par les rois de France, jusqu’à la Révolution française, où la commanderie est démantelée. Les armoiries de la ville, créées à la fin du XIXe siècle par l’épouse de Jules Tétrel, le maire de Villedieu, s’inspirent de celles du Commandeur Louis de Rochechouart qui présida au destin de la commanderie de 1691 à 1699. L’ancienne clé de voûte du pont de pierre, gravée de ses armoiries, est actuellement visible sur les marches de l’hôtel de ville.

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